"Je t'aurais bien dit de revenir, mais tu étais déjà là à ma porte, et moi j'étais partie vers un ailleurs qui nous a toujours manqué. Toi et moi, on se loupe depuis des mois, la séquence s'est coupée en plein milieu, et nous n'arrivons pas à en retrouver le fil. Alors le film s'est laissé piétiner par chaque pluie, chaque orage. Je t'aurais bien dit de revenir, mais je te l'avais déjà crié tant de fois sans que tu ne veuilles écouter, me laissant affronter chaque mur sans même un regard. Je me souviens de ton départ, des choix qui n'étaient pas les miens, et malgré le vent, les larmes sont restées collées trop longtemps à mes pieds. Jusqu'au jour où j'ai choisi l'extraordinaire, tant pis si ça devait être sans toi. J'ai arpenté d'autres rues, où nos croisades se faisaient échos, j'ai oublié mes peines en chemin, et depuis je souris de chaque jour qui passe. J'ai grandi de nos failles, j'ai avancé avec la force que tu avais oublié de me prendre, et j'ai dit merde aux indésirables. Qu'ils soient humains ou matériels, j'ai dit merde aux tempêtes, et à la mer j'ai laissé tous mes maux. Il y a eu certains décors enlacés à nos routes, mais tu n'étais plus du paysage, nous avons oublié de jouer dans la même cour, j'ai craché sur certains de nos souvenirs, et j'ai valsé pour les autres. Pour ceux qui s'appelleront sourires dans dix ans, pour ceux qui s'affrontent les yeux dans les coeurs. J'ai dansé si fort, que j'en ai oublié de mourir, et j'ai aimé d'autres retards que les tiens, j'ai aimé d'autres rires, d'autres falaises, sans jamais plus compter les remords. J'ai aimé à en oublier de vivre pour toi, j'ai aimé à en pleurer certaines nuits encore, j'ai aimé à en voyager d'autres pays où jamais tu ne pourrais aller. Et à force d'amour, j'ai disparu de nos douleurs, si je pensais y être seule depuis des mois, je me trompais, puisque toi, tu y sèmes encore certaines armes. Et désormais, tu reviens, bousculant le point final, tu m'embrasses sans penser aux bleus que tu pourrais laisser, tu m'enlaces et moi je rêve d'un autre, mais comment te dire non, comment te dire que mes étoiles ont déserté ton ciel, comment te fuir sans avoir peur, comment te claquer la porte au son de ta voix ? Je rêve d'un autre, mais je sais si bien que je t'aimerai toujours. Je rêve d'un autre, mais tu reviens avec cette promesse bancale. Et moi, je suis trop perdue pour oublier de te suivre."

Quelques mots volés à des moments vécus. ><

# Gepost op dinsdag 04 augustus 2009, 17u24